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L'heure est aux grandes aventures foireuses et j'ai envie de raconter ma vie. J'habite dans un bungalow. Le principe du bungalow est qu'il n'y a pas d'escalier, on est bien d'accord ? Chez moi, il y a exactement 3 marches et demi, pour rentrer. C'est tout. Bien entendu, il fallait que j'en mange une un jour, ça coule de source. Sauf que je fais pas les choses à moitié, donc, quand je loupe une marche d'escalier, je ne me contente pas de louper la marche, non, non. Je passe aussi à travers la porte vitrée qui se trouve juste en face. Alors, briser la vitre, ça c'est fait, okay. Mais bien sur, il fallait que je retombe dans les bouts de verre, sinon c'était pas marrant et, je ne vous l'apprend pas, le verre, ça coupe sévère. J'ai le coupe qui pisse le sang. C'est d'ailleurs difficile à croire qu'on a autant de sang avant de le voir. J'arrive dans la cuisine (en tenant les lambeaux de peau qui ne se trouvent plus vraiment là où ils devraient être) : "maman, j'ai fait une connerie je crois". Ma mère hurle un coup de frayeur, me conduit à l'hosto, paniquée comme jamais. Je met du sang plein le siège de l'auto. Bref, on va passer la partie "détails gore". A l'hôpital, l'urgentiste tourne limite de l'oeil, le chirurgien de garde ne veut pas revenir, on doit me transférer, mais aucun hôpital n'accepte ce transfert. Globalement, à Waremme, il faut pas te vautrer, parce qu'à l'hosto, on veut pas de toi et on ne sait te refourguer nul part. Donc pour le récapitulatif, il est 18h340, je me vautre, je met du sang partout, je dégoute toutes les infirmières, et on finit par m'envoyer à Huy, en ambulance. L'opération sous anesthésie totale se déroule à 23h passée. Tu aurais eu le temps de mourir 6x sur ce temps là, de retapisser les murs aussi, mais tout le monde s'en branle... ENFIN ! L'anesthésie totale, c'est un monde à part, genre la 18e dimension. Tu te réveilles, tu ne dis que de la merde, tu vois tout flou et t'as l'air complètement illuminé. Tu trouves que ta vie est formidable, tu planes à mort. Après, j'ai eu la bonne idée de faire une réaction aux produits de cette fameuse anesthésie, donc j'ai - passez moi l'expression - gerbé toute ma famille pendant 3 jours... mais bon. Bilan de l'affaire : 53 points de sutures, de belles cicatrices histoire qu'on aie l'impression que j'ai fait la guerre de Vietnam, le tendon et le triceps partiellement sectionné, deux semaines d'attelle et puis plusieurs séances de kiné en perspective. Alors, l'attelle, ça aussi c'est tout un monde. Je ne m'étais pas bien rendue compte avant, mais avec un seul bras, on ne sait strictement rien faire. Mettre des sous-vêtements seule, ça relève de l'exploit, couper un morceau de viande, c'est mission impossible... Je me serais bien retenue d'aller aux toilettes histoire de ne pas avoir à remettre ma culotte toute seule (timing approximatif : 18min et, bien sur, la chorégraphie du roi lion pour ne pas qu'elle retombe à tes pieds entre deux mouvements). Une autre expérience fascinante, c'est la nuit en chambre à l'hôpital. Une chance, j'étais la seule patiente dans le chambre, ce qui m'a éviter le petit vieux qui pète ou la mamy qui court après son dentier... mais c'était quand même assez exceptionnel. Le matin (le vrai matin, genre 5h30), une infirmière qui ressemble à Goldorak vient avec un gant de toilette. Je l'ai regardé genre "Oh non pas ça" juste avant qu'elle me dise "on va faire votre toilette hein". J'ai trouvé un subterfuge pour qu'elle me foute la paix, mais quand je lui ai demandé pour aller aux toilettes, elle m'a eu au tournant. Je ne pouvais soit disant pas me lever, donc je ne pouvais pas aller jusqu'au cabinet et, notez bien, j'avais la superbe robe de chambre qui vous laisse les fesses à l'air comme si c'était la pleine lune. Elle me tape une espèce de pot en dessous du fion et me laisse là comme ça. Comme si, sincèrement, j'allais réussir à pisser couchée. Mettre le pot par terre et descendre du lit, c'était aussi mission impossible car j'étais reliée à vingt milles fils différents qui me clouaient au lit. Passons l'expérience pipi, vous ne saurez jamais comment j'ai fait (haha). Après, il y a le petit déjeuner qu'on t'apporte à une heure à laquelle t'aurais jamais songé à te lever en "vacance". A savoir que le petit déjeuner là bas n'a du petit déjeuner que le nom et enfin, la visite du chirurgien qui te sort : voilà, j'ai mis des points là, là et là. A l'intérieur aussi, sur le muscle et le tendon, vous avez frôlé la paralysie, au revoir, bonne journée". (Okay, merci). Chouette petite vacance moi je dis... bientôt la rééducation !